Carine Vanni

mar. 4 décembre 2012 Je suis de bonne humeur ce matin, y a des matins comme ça !!!



Christelle

Christelle

Après le décès de ma grand-mère Édith, mon grand-père refit sa vie avec une jeune femme de vingt ans sa cadette, Monique.

Christelle, sa fille, issue d'un premier mariage, vivait avec ses grands parents paternel dans la région Lyonnaise. Je n'ai jamais su pourquoi elle ne vivait pas avec sa maman, et pour tout vous dire, je ne me suis jamais posé la question.

La seule question que je me suis vraiment posé à cette époque était la suivante:

Qui est Christelle pour moi?

La fille de la deuxième femme de mon grand-père, qui était elle même la belle-mère de ma mère?

Oulà, compliqué pour une petite fille à l'age ou l'on ne ce soucis que de la prochaine robe que va porter notre poupée Barbie préférée...

Elle est pour moi la grande soeur que je n'ai jamais eue; attentionnée, gentille, douce, bienveillante.

Vers l'age de 10 ans, nous décidâmes de nous donner un statut familial qui nous unirait pour la vie, une réponse aux personnes qui nous demandent toujours qui nous sommes l'une pour l'autre, puisque nous n'en avions pas, nous choisîmes de devenir cousine.

C'est un cousinage choisi que j'honorerais toute ma vie.

Quelques 400 kilomètres séparaient nos vies, nous ne pouvions nous voir que deux ou trois fois par ans, et à l'heure ou internet et les réseaux sociaux n'existaient pas , nous n'avions qu'un seul moyen de garder le contacte ; la correspondance...

C'était notre façon à nous de garder le lien qui ne nous séparerait jamais.

J'adorais découvrir ces mots qui me disaient qu'elle ne m'oubliait pas, ou elle me racontait ses journées d'école, ses cours de piano ou autres claquettes, je guettais la boites aux lettres tous les jours dans l'espoir de trouver parmi toutes les factures et courriers froid et ostères que reçoivent tous les bons foyers français comme celui de ma mère, celui ou je reconnaîtrais son écriture et mon nom sur ces jolies enveloppes rose bonbon ou dentelés , ou bien délicatement parfumée à la fraise toujours choisi avec goût et délicatesse.

Quand je découvrais mon trésor, c'était un grand jour pour moi, je décachetais alors l'enveloppe avec précaution pour ne pas abîmer le joli papier raffiné, pendant que ma mère, elle, de son coté, pestait en découvrant ses factures d'eau, de gaz , de téléphone ou d'électricité..

« Ils ne peuvent pas m'oublier cela pour une fois! Pff.

tu ne souriras plus autant quand toi aussi tu recevras les mêmes courriers que moi» me disait-elle en me regardant d'un air agacé.

Je dois bien avouer qu'aujourd'hui , je tiens son rôle à merveille!!!

Je lisais et relisait ses lettres avec une telle joie que je finnisais par les connaître par coeur. Je prenais alors le stylo avec lequel j'avais la plus jolie écriture, et le papier à lettre que j'avais moi aussi choisi pour Christelle et je commençais mon écriture avec attention et application:

«Chère Christelle

Je te remercie pour la jolie lettre que j'ai reçu aujourd'hui, j'étais très heureuse de te lire.

Je suis contente de savoir que tu vas bien, j'ai hâte de te revoir aux prochaines vacances.

Pendant mon cours de danse nous avons appris une nouvelle Chorégraphie sur une chanson de Mickaël Jackson, je pourrais te la montrer si tu veux bien ?

As tu vu le nouveau film sorti au cinéma ? Le grand bleu, un film magnifique avec des dauphins, j'ai pleuré à la fin du film, comme d'habitude... Mais j'ai adoré...

J'attends de tes nouvelles avec impatience

Je te fais de gros bisous

A bientôt

Ta cousine Carine »

Une fois terminée , je glissais ma lettre doucement dans l'enveloppe assorti à celle-ci et maman la postait dès le lendemain.

Nous nous écrivions environ deux fois par mois. Nos courriers étaient court , mais peu importe, ils nous rappelaient que nous pensions l'une à l'autre, et c'était le plus important.

Nous vivons toujours aussi loin l'une de l'autre, nous ne nous voyons que très peu, mais nous sommes toujours là, uni par les liens du coeur et de facebook !!


L'écurie

J'ai grandi à Saint Rémy de Provence...

petite ville provençale situé dans le sud est de la France...

Au coeur de la ville, au fond d'une impasse, une ancienne écurie transformée quelques décénies plus tard en restaurant situé à l'est de la cour fermé par de grands immeubles d'habitations qui s'imposaient en maîtres des lieux et me regardaient avec froideur...

Cette ancienne et petite écurie avait su garder tout son charme avec ses murs en pierres apparentes et ses poutres de bois qui semblaient marquées par le temps et l'histoire.

En entrant dans ce restaurant sur la gauche, les abreuvoirs et mangeoirs des chevaux étaient toujours là, intactes. En dessous, les anneaux qui servaient à attacher les animaux n'étaient plus qu'une décoration qui rappelait que jadis on y accrochait en ligne les grands herbivores de la ferme.

Désormais des tables - ornées d'une nappe de coton bordeaux et prête à recevoir des clients affamés-, judicieusement disposées pour que le bal des serveurs se déroule sans encombre avaient remplacé les équidés d'antan.

Une odeur de pizza cuite au feu de bois venait vicieusement titiller les narines et papilles des clients tirant la porte de la salle...

Face à l'entrée on appercevait le four à pizza et son ténor qui préparait savamment et amoureusement ses calzonnes et autres reines ou marguerites.

Derrière le four à droire, on distinguait un petit couloir. Au bout de ce couloir; la cuisine ou le chef d'orchestre n'était autre que la patronne... La cuisine était son univers. Elle y connaissait tout les recoins et rien ne lui échappait... Elle était capable de ous énumérer chaque ustensils dans chaque étagère ou chaque tiroir de son plan de travail en L. A droite de la cuisine un grand débarras ou l'on stockait les vieilles tables ou autres réfrigérateurs en pannes qui attendaient là le départ pour leur dernier voyage aux "bordilles".

A l'entré de ce débarras, entre la porte de la cuisine et celle qui donnait sur la terrasse il y avait une table froide et ostère en inox. Au bout de cette longue table : une chaise... "La chaise" du patron... le grand patron... Mon papi...

Elle n'était pas à cette place par hasard. A cette endroit précis, il pouvait tel un grand observateur avoir l'oeil sur tout son petit monde en terrasse, en cuisine et en salle...

Il pouvait guétter la moindre erreur, la moindre mou grimaçante d'un consommateur gourmand insatisfait par une pizza servi froide ou un service trop lent...

Non loin de lui,, attaché à sa niche intérieure , Sultan, Boxer d'une dizaine d'années, sencé garder les lieux mais qui préférait largement s'adonner à une paisible sieste en attendant que tous ces bipèdes eut été bien rassasié ce qui lui permettrait de retrouver sa liberté dans son jardin favori.

C'est en cet espace d'Eden que j'ai grandi, m'amusant devant le bal des serveurs, espionnant les conversations des clients tantot ici pour affaires ou pour fêter les 90 ans de l'arrière grand mêre en trinquant aux nombreux autres anniversaires qu'elle fêterait avec tous ses enfants ou pour séduire une jolie demoiselle rencontré plus tot dans la journée ou encore quelques demandes en mariage... Je ne me souviens que de moments heureux vécu par tout ce monde...

Et je finissais toujours mes soirées dans un petit fauteuil disposé entre mon papi, qui entre deux coups d'oeil sur ses employés s'amuser à me distraire et Sultan qui se plaisait à me lécher les mains et les joues pour me rassurer et semblait me dire qu'il veillerait toujours sur moi...


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