Christian Barbié

mar. 16 mai 2017 CLEAN SHOT : les toutes premières lignes d'un roman en cours d'écriture



LA NUIT D'ADELE (2)

14/02/2017

Adèle jeta son fagot à côté de la porte et tourna la clé dans la serrure. Les vieilles charnières grincèrent comme pour annoncer l'arrivée de "la petite princesse". Comme aimait à l'appeler son grand-père. Il disait que ses yeux verts attireraient les princes charmants et qu'elle aurait l'embarras du choix. Mais qu'il faudrait à l'heureux élu l'assentiment du grand-père avant de l'emporter sur son blanc destrier. Le Papet s'en était allé et le prince charmant se faisait attendre. Mais Adèle ne perdait pas espoir.

La nuit n'était pas encore là. Il ne restait plus qu'à attendre. Le feu ne rechigna pas à s'allumer. Les premières fraîcheurs de ces derniers jours marquaient déjà la fin août. Adèle se servit un verre de vin de noix et attendit, enfoncée dans le fauteuil.

Dès que l'obscurité gagna enfin l'alpage, Adèle alla tirer le volet de l'unique fenêtre. Elle ferma la porte à double tour. Puis, poussa le fauteuil et ouvrit la trappe cachée sous le tapis. Le sac à dos et les chaussures qu'elle en sortit sentaient bon la toile et le cuir. La jeune femme laissa tomber sa robe au sol et enfila un pantalon et sa chemise de garçon. Corde en travers du buste et bonnet sur les oreilles, voilà comme elle aimait être. Elle lassa soigneusement ses grosses chaussures et enfila ses mitaines. Le baudrier et la ferraille resteraient au fond du sac jusqu'au dernier moment. A cause des cliquetis.

 

La main d'Adèle trembla un peu lorsqu'elle ferma la ceinture de son sac. Ce qu'elle s'apprêtait à faire n'aurait pas plu à son grand-père. Mais elle savait que, de là où il était, il veillait sur elle. Le passage dans le plancher était étroit. Adèle s'y glissa, tira le tapis au-dessus de sa tête et la referma la trappe. Il faisait sombre dans le tunnel de pierre. Il n'était pas très long. La fraîcheur de la nuit en salua bientôt la sortie. Adèle écouta l'obscurité avant de s'élancer. Prenant soin de marcher sur l'herbe qui bordait le chemin, posant les pieds délicatement. Comme prévu, la nuit était sans lune. Derrière elle, le volet de la maison du Papet laissait passer un peu de lumière et la cheminée fumait. C'était parfait. Le vieux Roxo aurait aboyé toute le nuit en l'absence de sa maîtresse. Elle avait bien fait de ne pas le prendre. Il ferait juste un peu la tête à son retour à la mi-journée. Boudeur mais pas rancunier, le gros Roxo.  

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