Christian Barbié

mar. 18 juillet 2017 CLEAN SHOT : le teaser de ce roman en cours d'écriture (page vidéo)



LA NUIT D'ADELE (3)

23/02/2017

Ses yeux s'habituaient à la nuit. Par deux fois, Adèle crut entendre des voix mais il n'en était rien. La masse épaisse de l'Aiguillette du Lauzet, derrière elle, renvoyait le chant du torrent. Elle traversa la passerelle de bois en prenant soin de ne pas taper du talon. Au-dessus d'elle, sur sa gauche, elle devinait la maison du berger. Au moindre bruit, son jeune chien donnerait l'alerte. Elle avança au plus vite. Il lui fallut reprendre son souffle un peu plus haut. C'était l'endroit où le sentier quittait l'herbe pour grimper dans les cailloux.

Les Arêtes de la Bruyère. Elle en longeait la face Ouest. En levant les yeux, elle pouvait deviner la longue cime crénelée sur fond de ciel noir. Elle savait que, par le Nord et par le Sud, la montagne ressemblait à un pic acéré. Par le levant et le couchant, elle prenait des allures d'échine de dragon. Une longue suite de pics, de brèches, de failles et de replats. Une légère brise glissait dans la pente qu'Adèle remontait. Elle prenait naissance sur le dos du lac qu'elle atteindrait bientôt. Il lui fallait, pour cela, rejoindre le vieux câble sensé assurer le passage.

Elle y fut sous peu. Plus personne ne passait par là. Calant les pieds à tâtons, les mains fermés sur le câble rouillé, Adèle réussit à se hisser jusqu'en haut. La fraîcheur du lac l'accueillit. Mais elle ne s'y attarda pas. Il lui fallait à présent grimper la pente sur sa droite. Elle choisit la partie la plus raide et entama la montée sans tarder. Sa poitrine lui faisait mal. Peu lui importait. Elle posa les mains au sol pour aller plus vite et s'interdit de s'arrêter. Lorsqu'elle atteignit enfin le pied de la voie, le ciel commençait de se déchirer. Alors, la nuit devint moins noire. Comme une invitation.

Soudain, un bruit derrière. Adèle se figea. Un bruissement d'herbe sèche écrasée et le souffle d'une respiration. Elle se retourna lentement, les yeux baissés. 

— Pardon. Je me suis perdue. Je ne comptais pas grimper. J'allais redescendre. Je ...

La forme brune qu'elle devinait fit un pas de côté et s'effaça lentement. Un bouquetin. Adèle dut s'asseoir pour reprendre ses esprits. Le souffle coupé, elle ne put s'empêcher de sourire. De honte et de soulagement.

 

Quelques instants plus tard, la jeune femme ajusta son sac et la corde à son buste et saisit la première prise. La roche était fraiche. Rugueuse sous les doigts. Bandant ses muscles, elle se hissa vers la longue fissure qui fuyait sur sa droite.

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