Les Chroniques de Mlv

dim. 15 janvier 2017 Un style à ne pas manquer : celui d'Arnaud Le Guilcher, grâce à son "Capitaine frites" ! Bon week-end



Rencontre avec Alexandre Feraga !

08/11/2015

Après « Je n'ai pas toujours été un vieux con», Alexandre Feraga revient avec un second roman, un roman fort, sur le désarroi d'adultes malmenés par la vie, mais aussi sur l'espoir qui peut renaître, grâce à une rencontre. Rencontré lors de son passage à La Librairie Port Maria, à Quiberon, il a gentiment accepté de répondre à quelques questions. Je le remercie à nouveau pour sa disponibilité, sa réactivité quant au retour de ce questionnaire, et vous laisse en sa compagnie. Bon dimanche à toutes, et tous !

 

 

Alexandre Feraga, à la Librairie Port Maria de Quiberon, en octobre dernier - Photo : droits réservés Les Chroniques de Mlv

 

 

Les Chroniques de Mlv : Bonjour Alexandre, merci pour le temps que tu consacres à ce questionnaire. Tout d'abord, peux-tu nous dire quel a été ton parcours avant l'écriture de ton premier roman «Je n'ai pas toujours été un vieux con» ?

Alexandre Feraga : J’ai été un élève perdu au milieu des études. Je me suis laissé orienter vers la comptabilité et j’ai obtenu un BAC Pro. Ensuite, j’ai persévéré dans l’erreur en faisant un BTS en alternance. Je me suis rapidement dit qu’un ordinateur ne pouvait pas combler mon désir d’être avec les autres ! Et c’est durant ma deuxième année que j’ai mûri l’envie de m’engager dans le social. Grâce à de belles rencontres, j’ai eu l’opportunité d’accompagner des enfants et des adolescents en situation de handicap mental en milieu scolaire. Ces huit années à leurs côtés m’ont construit en tant qu’homme. Ces enfants m’ont appris énormément de choses. Leur simplicité dans les échanges, leur accueil inconditionnel, leur regard sur la vie, qui est comme un grand feu qu’ils alimentent chaque jour avec de petits bouts de rien. Depuis un an, je me consacre à l’écriture, car j’ai eu la chance de voir mon premier roman édité. Je me suis dit que je ne devais pas laisser passer le train et monter à bord. J’ai donc écrit mon deuxième roman « La femme comète » et un troisième dans la foulée. Et en ce moment, je suis en train de finir un quatrième livre. Mais bientôt, je vais reprendre une activité professionnelle en retrouvant le milieu de l’action sociale, et j’en suis très heureux.

 

 

Les Chroniques de Mlv : Ton second roman, «La femme comète», est un roman fort, tant du point de vue humain que social. Il dénonce notre société, ses injustices, et met en lumière les relations familiales avec leurs non-dits. Comment ce roman est il né ?

Alexandre Feraga : Les thèmes abordés dans ce deuxième roman ont un point de convergence : c’est le regard que je porte sur les gens fatigués, blessés, fragiles. Fragilisés par un monde qui isole les individus. Mon engagement d’éducateur est flagrant dans ce roman. Je souhaitais donner la parole à des gens perdus, aux repères bancals, aux rêves maltraités par la course au pognon et l’indifférence. Il est aussi beaucoup question de la famille, effectivement. C’est un thème qui sera récurrent dans mes romans. J’ai besoin d’aller fouiller dans le passé de mes personnages pour comprendre ce qui a cloché et pourquoi le présent est si difficile à envisager. J’ai vécu la famille comme un environnement violent, hostile au développement de mes rêves. J’ai vécu dans le non-dit, le manque de communication et le mensonge. C’est tout à fait normal que j’essaie d’adoucir cette problématique avec les mots.

 

 

Les Chroniques de Mlv : Un de tes personnages -Edouard-  est un jeune homme passionné par la poésie. Que représente cet art pour toi ?

Alexandre Feraga : Je suis entré en écriture par la poésie. J’avais un besoin urgent de m’exprimer, de mettre en mots ce que ma voix ne disait pas. Cette forme d’écriture est venue naturellement, je ne l’explique pas, d’autant que je ne lisais pas de poésie. Peut-être des textes rencontrés à l’école, occupaient-ils plus de place dans ma tête que je ne voulais le croire. J’ai toujours eu une dent contre l’école, et pendant longtemps, il était inconcevable que la moindre leçon rapportée à la maison puisse me servir dans la vie. Aujourd’hui, je sais que ce n’est pas vrai. L’école m’a donné la chance d’apprendre à lire et écrire, c’est peut-être tout simplement pendant ces étapes essentielles à la vie que j’ai forgé mon besoin d’écrire

 

Les Chroniques de Mlv : Il me semble que pendant un an, tu as consacré tout ton temps à l'écriture.  Quel a été ton planning de travail  au quotidien ?

Alexandre Feraga : Je me suis donné une discipline. Je ne suis pas comme certains auteurs, qui ont la chance de travailler vite, qui construisent leur roman dans leur tête avant de se lancer. J’ai besoin de temps, d’autant que je peux être long à l’allumage (surtout si des pies viennent s’amuser dans mon jardin !). Je me mets au travail à partir de 10h jusqu’au repas. Ensuite, j’écris jusqu’à ce que je sois satisfait de l’avancement de la page ou du chapitre en cours. Je peux écrire tout l’après-midi ou m’arrêter à 16h pour une petite sieste. Parfois, il m’arrive de bloquer sur un passage ou de ressentir le besoin de prendre du recul, alors, je vais faire un footing, je vais fouiner chez mes bouquinistes ou je lis. Ce sont des moments de respiration indispensables. Ah oui, j’allais oublier, il m’arrive aussi de me lever en pleine nuit pour écrire un mot, une phrase ou un paragraphe. C’est souvent à cause d’un personnage insomniaque dont la voix me réveille pour dire des choses importantes, dans ces moments-là, il n’y a qu’une seule chose à faire : se lever et les noter !

 

 

Les Chroniques de Mlv : Tu  partages avec tes lecteurs la playlist qui a rythmé l'écriture de ce second roman. Quel rôle joue la musique dans ta vie de tous les jours ?

Alexandre Feraga : La musique m’accompagne pendant quasiment tout le temps de création. Il y a des musiques qui répondent à l’ambiance du chapitre, à l’humeur des personnages ou à la mienne ! Il y a aussi des musiques fétiches, qui sont là pour me rassurer, pour passer le gué d’une phrase ou pour m’aider à franchir le col d’un chapitre. La musique canalise mes doutes, elle les rend moins importants. Sinon, j’écoute de la musique toute la journée, pas que pendant les heures d’écriture, tout comme il faut une bande originale à mes romans, j’ai besoin d’une bande originale pour ma vie de tous les jours.

 

Les Chroniques de Mlv : Dernière question. Peux-tu partager avec nous tes derniers coups de cœur littéraires ?

Alexandre Feraga : Je lis beaucoup moins depuis que j’écris des romans. Je pourrais conseiller tous les romans de Stephen King, qui a été l’écrivain le plus important pour moi. C’est par ses livres que je me suis passionné pour la lecture et c’est grâce à lui que j’ai appris à raconter des histoires. Mais je vais plutôt conseiller d’autres livres qui m’ont marqué ces dernières années : «Trois chevaux», d’Erri de Luca, «La route d’Ithaque», de Carlos Liscano, «Les anges de l’univers», de Einar Már Gudmundsson, «Anima», de Wajdi Mouawad et «L’aveuglement», de José Saramago.

 

Si vous ne connaissez pas la plume d'Alexandre Feraga, je vous conseille de découvrir ce second roman, et vous invite à poursuivre le dialogue avec l'auteur, grâce à sa page Facebook !

 

© Les Chroniques de Mlv 08-11-2015

 

 

 

 

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