Les Chroniques de Mlv

dim. 28 mai 2017 Rendez-vous le samedi 22 juillet, à Saint-Pierre Quiberon, pour le Quai des écrivains !



Rencontre avec Alexis Ragougneau !

22/01/2016

Pour cette première interview de l'année, je vous propose de rencontrer Alexis Ragougneau, auteur de théâtres et de romans noirs, à l'occasion de la sortie de  «Evangile pour un gueux», aux Editions Viviane Hamy.  Si vous aimez les polars (très) sombres, dont l'action se situe dans un lieu atypique, précipitez-vous sur  «La Madone de Notre-Dame» et «Evangile pour un gueux» -les deux premières aventures du Père Kern et de la juge d'instruction Claire Kauffmann, jeune femme à fleur de peau.

 

Les Chroniques de MLV : Bonjour Alexis, et merci pour avoir accepté de répondre à quelques questions. Quel a été votre parcours professionnel, avant l'écriture de «La Madone de Notre-Dame» ?

Alexis Ragougneau : J’ai fait une école de commerce avant de travailler quelques années dans la communication. A 26 ans j’ai quitté cette première vie professionnelle pour me consacrer à ma véritable passion : le théâtre. J’ai donc fait une école d’art dramatique, travaillé sur plusieurs projets en tant qu’acteur ou metteur en scène, tout en écrivant mes propres pièces. Mon premier texte a été créé à Paris en 2004. Huit autres créations ont suivi jusqu’à maintenant, en France, en Belgique et en Suisse.

 

Les Chroniques de MLV : Pourquoi avoir choisi ce décor si particulier, pour votre premier roman ?

Alexis Ragougneau : Au départ c’est un concours de circonstances. Il y a plusieurs années, j’ai été amené à travailler quelques mois à Notre-Dame de Paris. J’y ai découvert les coulisses de la cathédrale, croisé des personnages hauts en couleur, stocké un certain nombre d’images et de paroles… En somme cette expérience a stimulé ma fibre d’écrivain. 

 

Les Chroniques de MLV:  Comment est née l'idée de ce duo Claire Kauffmann et du Père Kern ?

Alexis Ragougneau : J’avais envie d’écrire sur la cathédrale mais il me semblait qu’une pièce de théâtre aurait été inadaptée, ou plutôt redondante par rapport à ce lieu déjà très théâtral. Il me fallait aborder Notre-Dame sous un angle inattendu. L’idée d’écrire un roman policier m’est venue à la lecture d’un essai d’un critique allemand datant des années 20 : il y comparait le détective de polar à un prêtre ; dans les deux cas il s’agissait de libérer la parole d’un pécheur en quête de rédemption… J’ai suivi cette idée au pied de la lettre et j’ai imaginé le personnage du père Kern. A partir du moment où ce personnage de prêtre-enquêteur était né, je me devais de lui associer un partenaire à la fois complémentaire et très différent. Claire Kauffmann répond à cette envie : la magistrate forme avec l’homme d’église une paire totalement improbable mais somme toute efficace.

 

Les Chroniques de MLV : Pouvez-vous nous présenter votre nouveau roman  « Evangile pour un gueux» ?

Alexis Ragougneau : Peu avant Pâques, on découvre le corps d’un clochard noyé dans la Seine. La victime est rapidement identifiée : il s’agit de Mouss qui, quelques mois plus tôt, au moment de Noël, avait investi la cathédrale Notre-Dame au nom du droit au logement. Pendant quelques jours, la France entière s’était passionnée et déchirée sur la question des sans-abri. Mouss s’était visiblement fait autant d’amis que d’ennemis…

 

Les Chroniques de MLV : Allons-nous y retrouver ce duo si atypique ?

Alexis Ragougneau : Absolument. L’enquête est confiée à la juge d’instruction Claire Kauffmann. Lorsqu’elle apprend que le père Kern officiait dans la cathédrale au moment de son occupation, elle sollicite son aide pour faire éclater la vérité. Le duo de « la madone de Notre-Dame » est ainsi reformé.

 

Les Chroniques de MLV : Dernière question, avez-vous d'autres idées d'aventures pour ce duo ?

Alexis Ragougneau : Kern le prêtre et Claire la magistrate m’aident à m’interroger sur Paris et la France. A travers leur enquête sur la mort de Mouss le clochard, mes deux personnages soumettent à de nombreux questionnements notre façon de vivre ensemble, et mettent en lumière les zones d’achoppement qui existent dans notre société, qu’elles soient d’ordre religieux, culturel ou social. La fiction m’aide donc à prendre de la distance par rapport aux choses, et ces personnages créés il y a trois ans, que je commence seulement à connaître, me sont devenus en quelque sorte nécessaires. Tant que j’éprouverai ce besoin de mise à distance, je convoquerai mon duo d’enquêteurs pour qu’ils m’aident à y voir un peu plus clair. 

 

Je remercie Alexis Ragougneau pour sa disponibilité, ainsi que sa ponctualité, et vous donne rendez-vous très bientôt, pour une nouvelle chronique littéraire !

© Les Chroniques de Mlv - 23-01-2016

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