DU RIFIFI SUR LA BITE ROUGE

« Only in New York city ! », me suis-je dit en découvrant cette oeuvre murale commanditée à une artiste par un restaurateur péruvien du Lower East Side. Cette image monumentale n'était pas une provocation mais une célébration pleine d'humour (une rareté dans beaucoup d'oeuvres contemporaines) d'un mythe central de la virilité telle qu'elle est si pertinemment mise à nu par la philosophe Olivia Gazalé dans un ouvrage récent.

Las ! Les esprits chagrins n'en ont pas voulu ainsi ( New York ce n'est pas l'Amérique mais c'est aussi l'Amérique) et l'oeuvre a été  aussitôt effacée  au nom de la protection d'enfants que par ailleurs la télévision, le cinéma, les jeux vidéo et internet exposent constamment à une pornographie meurtrière sans limite.

Certes ce n'est pas la tragédie artistique des Bouddhas de Bâmiyân ou de Palmyre mais c'est triste et dommage que cette avenante bite rouge ne surprenne plus les passants. L'ordre est sauf : elle sera, n'en doutons pas, remplacée par une publicité pour Coca Cola ou la nouvelle promo McDo.

 

Référence 1 : Les Mythes de la virilité, Olivia Gazalé (Robert Laffont, 2017)

Référence 2 : l'excellente série de Netflix American Vandal (8 épisodes), un faux documentaire où un étudiant est injustement  accusé d'avoir couvert de bites rouges les voitures des enseignants du parking du lycée.

   


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SOLIDARITÉS DESORDONNEES

« Personne ne peut tout faire, mais chacun peut faire quelque chose. » La phrase du poète et musicien Gil Scott-Heron me revient souvent en mémoire.

Sans vouloir me transformer en professeur de morale ou en curé en chaire (c'est un peu tard, je le crains), il me semble que ces temps de célébrations familiales et amicales sont propices à la méditer et à la mettre en pratique, chacun à notre façon.

En plus de l'aide spontanée, instinctive, que nous apportons à ceux de nos proches qui en ont besoin, il nous est possible d'élargir le cercle et de contribuer à notre mesure, à notre échelle, à faire ce « quelque chose », ce misérable petit quelque chose qui ne change pas le monde, ne sauve pas la personne - mais allège une condition, permet un repas, le paiement d'une note de chauffage. Certains de mes amis consacrent à ces « oeuvres », comme on disait autrefois, une part fixe de leurs revenus annuels. Nous sommes plus désordonnés, mais nous tachons chaque année de penser aux associations qui nous  tiennent à coeur ou à des personnes que nous savons dans la difficulté et de  faire  ce geste simple de glisser un chèque dans une  enveloppe - ça ne nous empêche pas d'être normaux, banals en dépensant trop d'argent pour les cadeaux des enfants et les menus de repas de fête mais, toute question de responsabilité et de culpabilité à part, cela nous donne l'impression de prendre place dans ces chaînes de solidarité invisibles de bonté privée, sans témoin, qui relient les humains au-delà du « chacun pour soi ».

Bonne année !

 

PS : association Art et Solidarité Warl.  www.as-warli.com

 

 


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