France Nagy

lun. 17 octobre 2016 Un livre, des chats et des mandalas... la la la !



Si je devais choisir un seul auteur...

Gilles Legardinier. Évidemment.

Laissez-moi vous raconter…

Printemps 2012. Je commence l’écriture de « Chathérapie », perdue dans mes doutes et mes questionnements. Mes rêves d’écriture peuvent-ils devenir ma réalité? Qui pourra s’intéresser à mes histoires de chat?

Dans le même temps, en flânant dans une librairie, je rencontre une couverture qui m’interpelle : un chat avec un bonnet péruvien? Gilles Legardinier n’est pas encore connu. Son roman « Demain j’arrête! » n’est pas encore le best-seller qu’on lui connait aujourd’hui. Je lis son roman en même temps que j’écris mon histoire. Cet auteur réveille en moi des émotions contraires… Il me fascine. Ses mots me touchent au plus profond de mon être, comment fait-il? Mais il m’agace! Il écrit exactement comme je rêve de le faire moi-même, jamais je ne pourrai en faire de même. Cela me parait impossible, une tâche titanesque, pour moi qui ai toujours suivi un parcours scientifique et qui n’ai jamais écrit une histoire, de A à Z. 

La curiosité me pousse à naviguer sur son site internet. Après tout, il l’écrit à la fin de son livre… L’audace me pousse à lui envoyer un message. Pour le remercier. Car au milieu de tout ce que j’ai pu ressentir en lisant son roman, c’est la seule chose que j’ai envie de lui dire : merci de l’avoir écrit. Merci de nous faire voyager dans votre univers. Peut-être qu’un jour quelqu’un me le dira, à moi aussi… mais à ce moment précis, je n’y pense même pas. Dans mon message, je lui parle de mon projet d’écriture un peu fou, du manuscrit que je suis en train de terminer à la dernière minute, de mes doutes, un peu trop nombreux…

Et là, surprise : il me répond! Qui est donc cet auteur qui prend le temps de lire les messages de ses lecteurs, et surtout d’y répondre? Sa réponse, aussi spontanée que sincère, me touche bien davantage que son roman, car elle n’est adressée qu’à moi. Il m’encourage à ne jamais abandonner mes rêves.

5 Octobre 2013. « Chathérapie » est publié. Mon rêve est donc devenu réalité, j’ai encore du mal à y croire. J’écris un nouveau message à mon auteur chouchou. Je lui annonce la bonne nouvelle : ce soir, c’est le grand soir! Je suis en pleine ébullition, heureuse de partager cette affiche avec l’auteur qui m’a déjà tant inspirée. Et là, surprise… il me répond dans les heures qui suivent! Gilles Legardinier était présent à mes côtés lors de cette soirée si spéciale pour moi. J’ai plané pendant de longues heures…

15 Novembre 2013. Gilles Legardinier en dédicace dans la région? Je ne raterais l’occasion pour rien au monde. Même si ce jour-là je ne suis pas au top de ma forme, je pars le rejoindre dans cette librairie pour me faire dédicacer son dernier roman, « Et soudain tout change». Et lui offrir le mien, en prime. J’en profite pour faire la minute « groupie » avec la photo qui va bien, et je continue de planer sur mon petit nuage! Il me promet de lire mon livre, mais me demande d’être patiente… son emploi du temps est bien rempli. Que nenni!! Il dévorera mon livre dans le train du retour, et me le fera savoir moins d’une semaine après notre rencontre. Il a aimé! Si vous me cherchez, je suis au pays des Bisounours… à ce moment-là, plus rien ne peut m’atteindre, tout est possible. 

Sauf que… dans le même temps, ma santé est en déclin. L’engouement de mes débuts s’essouffle vite. Ma maison d’éditions n’est pas sérieuse. Les doutes reviennent, et les priorités de vie reprennent le dessus. Ma santé, avant tout. 

Tant pis pour mes rêves, ils attendront.

2014. Sortie du roman « Ça peut pas rater ». Fidèle au rendez-vous, je lis. Mais je n’écris plus à son auteur. Ni pour moi.

 Juillet 2015. La vie me pousse finalement à écrire : « Nelson aime colorier les mandalas » se préparait dans l’ombre de ma propre vie et voit le jour en trois mois à peine. C’est la fin de « Chathérapie », l’un ne va pas sans l’autre. Comment faire? 

Je commence par une publication en numérique. Mais ça ne me suffit pas.

Octobre 2016. Mes deux histoires sont réunies en un seul ouvrage papier. Vive l’auto-édition! J’ai enfin la sensation que mon projet d’écriture devient cohérent et totalement à mon image. Mais le succès n’est toujours pas celui que j’espère tant.

Et alors que je pensais que me saga féline était terminée, je découvre que c’est loin d’être le cas… Vénus a débarqué dans ma vie et me pousse déjà à écrire une suite! Certains lecteurs en sont ravis, alors que mes propres doutes ne se sont toujours pas calmés. J’accepte l’idée d’une suite,  puisque tel semble être mon destin, mais je ne suis pas prête à poser des mots.

En prime, cela fait 2 romans de Gilles Legardinier dont je rate la sortie. Suis-je devenue infidèle à cet auteur que j’admire tant? J’ai une autre explication… Ses romans réveillent en moi des émotions tellement fortes, une profonde rage d’écrire, que je n’ai tout simplement pas la force de m’y confronter. Ma santé (physique et psychique) est encore vacillante. Mes doutes sur ma propre capacité à écrire trop présents.

J’ai d’autres priorités dans ma vie. Lorsque j’écris, je vis dans un total bénévolat, je passe des heures de solitude, non rémunérées, je creuse mes dettes. Je suis rongée par une question lancinante : « que vaut un auteur qui n’est ni connu ni lu? ». Comment ai-je d’ailleurs la prétention d’oser me considérer comme un auteur? 

Reste à ta place. Me souffle la voix idiote. La même qui revient à chaque fois.

Alors je consacre mon temps à des activités plus lucratives, pour remplir mon frigo. Je n’ai guère le choix. Insidieusement, je sens mon rêve s’éloigner de moi, s’évaporer jusqu’à devenir un vague souvenir.

Été 2017. Le feu est présent. La rage d’écrire est revenue. Les mots me submergent. Je les pose à plat avant qu’ils ne me brûlent. Donc la suite de ma saga féline est déjà en train de s’écrire? J’ai le titre, le fil conducteur, les chapitres, et ce que j’estime être la moitié du contenu. Si ça se trouve, ce n’est même pas le quart… vu tout ce que j’ai enfoui depuis trente ans. Oui, trente ans de mots enfouis qui m’éclatent en plein visage, et c’est encore un simple «Miaou » qui vient les faire émerger, ces enclumes que je n’ai plus envie de porter. 

J’avais 7 ans quand mon rêve a émergé, au moment même où on m’a empêché d’écrire, de raconter ma vie. Il est peut-être temps de tout raconter, maintenant que je suis libre…

Printemps 2018. « Une fois dans ma vie ». Le dernier roman de Gilles Legardinier me nargue tous les soirs sur ma table de chevet. « Alors, on ne veut plus me lire? Qu’est-ce que tu attends pour t’y remettre, pour vivre ton rêve? »

Tais-toi le livre, j’ai assez à gérer avec ma petite voix idiote. J’ai besoin d’écrire, mais c’est trop dur. Cette histoire est trop personnelle, Vénus a trop de choses à raconter, je ne pourrai jamais tout dire… et pour quoi faire? Hein? Quelqu’un peut me répondre? Pourquoi passer encore des heures et des heures seule face à mon écran, pour écrire cette histoire qui me fait encore si mal? Pour qui? Qu’est-ce que j’y gagne? Je suis fatiguée, et je n’y crois plus. 

Je viens de lancer un appel au secours pour trouver 100 lecteurs pour financer une opération de santé pour Vénus. 100 lecteurs, ce n’est pas la mer à boire, ce n’est pas un Goncourt ou un prix Fémina. Mais même ça, ça fait un flop. Je continue de creuser mes dettes en perdant du temps dans un projet qui ne me rapporte rien. À peine la satisfaction d’avoir au moins essayé.

Je suis fatiguée. 

Autant lire, puisque je n’arrive plus à écrire. Et comme ça, ce satané bouquin arrêtera de me toiser du haut de ses 410 pages joliment éditées.

22 avril 2018. Je referme le roman avec la même émotion que les précédents du même auteur. J’avais oublié que Gilles Legardinier est capable - par je ne sais quel miracle! - de réveiller ma rage d’écrire. Il est mon phare au milieu du brouillard, même quand il n’écrit pas que pour moi. Quelques mots suffisent à rallumer la flamme en moi, celle que j’ai cherché à enfouir mais que je ne pourrai jamais fuir, puisque telle est ma voie. 

Voilà six ans que j’ai commencé l’écriture. Les mêmes doutes m’assaillent. Qui va s’intéresser à cette histoire? Est-ce que je suis capable d’écrire le tome de Vénus, celui qui est trop lourd à porter pour moi?

Mais au fond de moi, c’est une toute nouvelle petite voix qui émerge, celle qui me souffle que de nombreuses personnes en ont besoin. Celles qui me connaissent et qui ont besoin de me connaitre encore davantage. 

Mais je pense surtout à ces personnes qui ont vécu des drames similaires aux miens. J’ai survécu, j’ai trouvé la force de m’en sortir… peut-être serai-je moi-même un phare pour des individus en détresse?

Finalement, je crois bien que c’est cet or là que je recherche, et seulement celui-là…

Comptez sur moi, vous n’avez pas fini d’entendre parler de moi! 


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